Il était de 2,1 pour cent dans les années 1970. Aujourd’hui, il est d’un pour cent, soit deux fois moindre. “Si on poursuit cette courbe, elle atteint zéro pour cent entre 2065 et 2070. La population commencerait alors à décroître” , conclut le démographe français.
Le nombre est encore vu comme un signe de puissance
Certains pays, dont la Belgique, gardent une population croissante grâce à l’immigration internationale. Mais dans d’autres pays, la décroissance est déjà bien réelle (et met du coup tous les démographes d’accord). C’est le cas du Japon, de la Bulgarie ou de la Roumanie, par exemple.
Le nombre est encore vu comme un signe de puissance. "Le destin de la Russie et sa perspective historique dépendent de notre nombre", a dit Vladimir Poutine. Des pays comme la Russie, ou l’Iran ont déjà mis en place des politiques de natalité, via des incitants financiers, ou carrément en restreignant l’accès à la contraception et à l’avortement.
La protection des droits et des choix reproductifs des femmes sera cruciale dans cette transition démographique.
C’est sans doute ce qui fait dire au Docteur Natalia Kanem, directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population, en réaction à l’étude publiée dans le Lancet :"Si les modèles, les projections et les calendriers des différentes institutions peuvent varier, tous les signes indiquent une baisse de la fécondité mondiale. La protection des droits et des choix reproductifs des femmes sera cruciale dans cette transition démographique.”
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Pour Marie Vandress, il est difficile de lutter contre l’évolution démographique. “Personnellement, je pense que, que ce soit en matière de fécondité ou de migration, c’est compliqué, précise-t-elle. Si on ferme les frontières, les individus vont trouver d’autres manières de migrer. Les politiques familiales ne vont pas faire en sorte que l’on fasse plus ou moins d’enfants, mais elles vont plutôt aider les couples à faire le choix qu’ils veulent faire, à faire un deuxième enfant par exemple s’ils savent qu’ils seront soutenus.” Il y a en fait une énorme inertie dans l’évolution démographique.
Et pour la planète ?
Est-ce qu’une décroissance de la population pourrait profiter à notre planète ? A un niveau global, explique Bruno Schoumaker, il est évident que si la population baisse, toutes choses étant égales par ailleurs, la consommation des ressources naturelles et les émissions de gaz à effet de serre devraient diminuer. “Mais il faut surtout que la consommation n’augmente pas !” Et ça, ce n’est évidemment pas garanti.
Si la décroissance se confirme, elle se combinera avec un vieillissement de la population. Les défis ne manqueront pas. Il faudra s’adapter “c’est aussi à ça que servent les projections démographiques”, conclut Bruno Schoumaker.