Par rapport aux différentes amorces de discussion sur la permaculture ici, je pense qu'il faut essayer, comme toujours, de clarifier les concepts !
a) La "permaculture" telle que conçue par Mollison et Holmgren n'est PAS une technique de jardinage - ou de culture !
Les pauvres doivent se retourner dans leur tombe quand ils voient tout ce qui est publié comme bêtises en dévoyant ce terme, et en le réduisant à une "technique de maraichage, ou de jardinage" ! C'est le père Citroën réduit à un essuie-glace !!!
b) La permaculture est une tentative de vivre en minimisant les impacts négatifs sur l'environnement (et la vie des gens -santé, etc) et à maximiser les cotés nobles d'une civilisation : relations sociales, entr'aide, etc...
C'est une philosophie de vie !!!C'est la fameuse "fleur" qui englobe tous les aspects organisationnels, santé, éducation, culture, protection de la terre, etc...
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c) La vraie traduction de "permaculture" serait "
civilisation durable"... Culture au sens "cultiver la terre" se dit plutôt "cropping" ou "to grow" en anglais.
d) Dès lors, je pense qu'en France - vu notre niveau moyen d'anglais - la discussion est pipée !
e) Nos grands-parents étaient "écolo" par nécessité : pour survivre, ils n'avaient pas le choix ; engrais et pesticides et machinisme n'avaient pas été inventés... L'entraide, comme toujours quand il n'y a pas de mécanismes sociaux ("sécurité sociale"), étaient une condition de survie. Mais elle était, en partie, subie. J'ai connu cette époque où on donnait TOUJOURS un coup de main au voisin malade, ou dans la merde. Tout en le traitant de fainéant, d'incapable, d'ivrogne ou que sais-je une fois le dos tourné. Et parfois - pas toujours, il y avait aussi des amis ! - en étant très méprisant avec lui.
Je pense qu'il y a beaucoup de naïveté et d'idéalisme dans l’idolâtrie de nos "grands-parents si écolos". Pour moi, c'est du story-telling !!!
La preuve : quand les engrais et pesticides sont arrivés, ils se sont jetés dessus. Il n'y avait pas un flic ni même un conseiller agricole derrière chaque agriculteur pour l'obliger à les utiliser. Les conseillers sont venus bien plus tard ! Même si cela a été leur perte - ce qu'ils ignoraient - ils se sont jetés dessus. Et ils ont mené la vie très dure aux pionniers du "bio", qui ont, eux, perçu les limites de ce système, et ont refusé de se soumettre aux diktats des compagnies d'intrants émergentes ("agro-capitalisme").
e) Je ne vais pas plus avant. Vous m'avez compris, je pense.
Donc non, nos grand-parents n'étaient pas "permaculteurs". Ils n'avaient rien de l'idéalisme et de l'humanisme des fondateurs de la "permaculture", qui portaient un projet politique "idéaliste", un "monde meilleur parce qu'écolo"... Nos grand-parents n'étaient pas "baba-cools" (si je peux utiliser, pour faire simple, ce mot-valise). Les fondateurs de la permaculture si !
Bio de Mollison selon wikipédia :
"Né en 1928 à Stanley (Tasmanie), Bill Mollison quitte l'école à 15 ans et vit de petits boulots. À partir de 1954, il travaille en tant que biologiste pendant 9 ans dans la brousse australienne pour une organisation environnementale, puis 3 ans en tant que biologiste marin pour le gouvernement australien. Puis en 1966, il retourne à l'école et vit encore de petits boulots, avant de décrocher son diplôme de biogéographie et de devenir professeur à l'université de Tasmanie où il crée le département de Psychologie Environnementale.
En 1974, Bill Mollison développe avec David Holmgren le concept de la permaculture. Depuis 1978, il consacre tout son temps au développement de la permaculture et en 1981, pour ses travaux concernant la permaculture, il reçoit le prix Prix Nobel alternatif. "Bio de Holmgren :
David Holmgren est né dans l'État de l'Australie-Occidentale. Ses parents ayant été très actifs dans le mouvement contre la guerre du Viêt Nam, il fut exposé rapidement au militantisme politique, ce qui servit de socle à son propre engagement écologiste. Après l'obtention de son diplôme de fin d'études secondaires, il décide de passer un an sur la route en faisant du stop, et c'est dans ce contexte qu'il se rendit compte de l'ampleur du mouvement « retour à la terre ». En 1974, il part s'installer en Tasmanie pour étudier le design environnemental à l'université d'éducation avancée à Hobart, où il rencontre Bill Mollison, qui est alors maître de conférence à l'université de Tasmanie. Je pense donc qu'on se trompe doublement.
Ceci n'est bien entendu que ma perception des choses... Donc forcément très discutable !